Ca fait une quinzaine d’années que je suis entré dans la vie active, en tant que freelance puis en tant qu’entrepreneur. Comme chaque entrepreneur, j’ai fait des efforts, des sacrifices; parfois ceux-ci ont été récompensés, d’autres fois, non. En revanche, un sentiment persiste : celui de me battre contre l’état français pour apporter de la croissance à mes entreprises. Passons sur le fait qu’une entreprise française soit taxée dès sa création (avant même de générer du chiffre d’affaires), qu’elle ne soit aucunement aidée par l’état dans sa phase de création et qu’elle ait l’obligation de souscrire à une série assez impressionnante d’organismes (évidement avec des cotisations payantes). Qu’on trouve ça normal ou pas, le système est ainsi fait, je n’ai pas l’intention de le re-inventer. Une fois la phase de création passée, les entreprises françaises sont soumises à un régime fiscal et légal qui désert aussi bien les salariés (indirectement) que les entreprises et leurs créateurs. Voici donc quelques éléments qui ne cessent de nourrir ma réflexion. Les salariésLa protection des salariés, en France, est l’une des meilleures du monde : Nous bénéficions à la fois d’une assurance maladie publique (la sécurité sociale) nous garantissant le remboursement de nos soins et médicaments, et d’une assurance chômage nous garantissant un revenu de substitution si nous perdons notre emploi.
Sans faire de politique, mais en gardant un point de vue purement économique :
La concurrenceL’ensemble des avantages individuels représente un gros apport pour les français et leur niveau de vie, mais un énorme désavantage pour des entreprises. Pourquoi une entreprise étrangère s’implanterait en France alors qu’en allant dans d’autres pays d’Europe (je ne parle même pas de l’Asie), la situation fiscale et légale est largement plus avantageuse ? Une entreprise française a besoin de 11 salariés pour effectuer la même charge de travail que 10 salariés avant la loi sur les 35 heures. L’imposition sur le revenu des salariés, tout comme l’impôt sur les bénéfices des entreprises, sont plus importants en France qu’aux USA, en Allemagne, en Italie … mais le record en Europe est détenu par l’Angleterre, qui fait énormément d’efforts pour attirer les entreprises; et ça fonctionne plutôt bien depuis une dizaine d’années. La France a également une politique de taxes à l’import particulièrement onéreuse, sans compter le fait qu’elle est parfois le seul pays du monde à appliquer certaines taxes. Imposition indirecteLes dépenses des français sont en priorité effectuées pour la nourriture, le logement et le transport. Au delà du fait que le tarif de nos transports publics sont largement plus coûteux que ceux des grandes villes d’Europe (et que ça augmente encore en 2010), attardons nous simplement sur le prix de l’essence. Les journaux nous font régulièrement part depuis deux ans des prix du gallon d’essence. Ce prix est mondial, puisque tous les pays se fournissent auprès des pays de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole). Cependant, on constate de gros écarts une fois le produit final arrivé à la pompe à destination du client final ! Petit comparatif pour illustrer cette différence, voici le prix d’un plein d’essence par pays :
On pourrait se dire que la différence vient du fait que nos stations d’essence ont une marge exceptionnelle. En réalité, au delà du surcoût du à la main d’oeuvre française (voir paragraphe précédent), les taxes représentent 66% du prix que nous payons, contre seulement 11% aux USA. Ca signifie que si l’état français taxait l’essence au même niveau que le gouvernement américain, le prix du litre passerait de 1.30 euros à 0.50 euros. Ca laisse rêveur, non ? Evidement, passer de 66% à 11% est illusoire, mais un effort de quelques pour-cents de l’état représenterait une hausse suffisante du pouvoir d’achat des français pour relancer la croissance. Impôts à deux vitessesVous pensez que je tiens l’état français pour responsable de l’accentuation de la crise en France, de la baisse du niveau de vie et de tous les maux de notre société ? Ca serait trop simple de tout reprocher à nos dirigeants. Cependant, je pense que la politique menée depuis 35 ans en France fait plus partie du problème que de la solution. Il semblerait que nos grandes entreprises participent très largement au problème (et très peu à la solution). Je ne parle pas ici de la PME moyenne ou de la petite entreprise artisanale, mais uniquement des grandes entreprises françaises, celles qui constituent le CAC 40. Saviez-vous qu’une PME française paie en moyenne 30% d’impôts alors que les entreprises du CAC 40 paient en moyenne 8%. Deux évènements leur permettent d’arriver à ces chiffres :
Evidemment, ces aides permettent de sauvegarder des emplois, mais ne serait-ce pas plus logique d’impliquer une entreprise comme Total (14 milliards d’euros de bénéfices en 2009) dans le plan de “sauvetage” de l’industrie automobile française (Renault, Peugeot et Citroën) ? Quelles solutions ?Personnellement, la nécessité du gouvernement à changer radicalement la politique fiscale française ne semble une évidence; mais je ne suis pas politicien, je suis dans les affaires, et je crois peu à une prise de conscience des dirigeants français. Deux solutions s’offrent à moi :
Dans un prochain post, je vous détaillerai les coûts de création d’une même entreprise en France et aux USA. A vous de juger si c’est la bonne solution. Pour le moment, abordons la seconde piste. Au niveau de la création d’entreprise, il n’y a simplement aucun intérêt à la créer en France à partir du moment ou vous comptez dépasser les 100 000 euros de bénéfice annuels. L’Angleterre est une solution plus simple, plus rapide et plus économique. Le taux d’impôt sur les bénéfices y est inférieur à la France. En tant que travailleurs français, vous et vos salariés en France serez soumis au droit et à la fiscalité Française (URSSAF, …). Mais pourquoi recruter en France ? Un salarié coutera moins cher et travaillera plus longtemps dans d’autres pays comme l’Angleterre ou la Suède. Evidement, c’est d’autant plus vrai pour la Pologne, la Roumanie, les Balkans, … Chaque entreprise et chaque secteur font varier l’intérêt pour une solution ou une autre. Je vous invite simplement à vous renseigner sur les différentes options internationales qui s’offrent à vous. Monter une SARL sans aucun montage est, dans 95% des cas, la solution la moins intéressante qui s’offre à vous. | ||||
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